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Biographie

Biographie


Lorsque j’ai rencontré pour la première fois Cédric Melotte à Namur, flanqué de son père Marcel et de Paul Janssens, il me fit bonne impression. Un jeune homme blond, irradiant la sympathie et aimant les animaux (ce qui, selon moi, est un bon signe). Cependant, il n’était encore qu’un jeune sportif parmi tant d’autres. Sans plus.

Lorsque je le vis, quelques semaines plus tard, accomplir ses débuts à Hechtel parmi les Espoirs, j’eus le profond sentiment de découvrir un nouveau talent. Et je n’étais pas le seul. Cédric avait 15 ans à l’époque. Managé par son père, il survolait les jeunes de son âge avec une facilité dérisoire. Bien vite d’ailleurs, il gravit un échelon, montant chez les nationaux auxquels il ne tarda pas à réserver le même sort qu’à ses petits camarades de la catégorie inférieure. Repéré par Sylvain Geboers, il obtenait, à 16 ans, une place de troisième pilote dans le team officiel Suzuki aux côtés de Bervoets et de Dewit. Il y fit ses premières armes en GP. Mais une grave blessure à la cheville (fracture compliquée de l’astragale) survenue à l’entraînement en novembre 1996, allait mettre un bémol à sa jeune carrière. Sa saison ’97 fut médiocre en raison d’une très longue et difficile convalescence qui lui fit perdre du crédit et aussi son statut de pilote protégé. Récupéré l’année suivante par Jean-Marie Wirtz, il réalisait une brillante performance à Nismes en terminant deuxième de la seconde manche du GP de Belgique dont il se classait 4eme. Cependant, il apparut bien vite que le talent ne suffisait plus à ce niveau. Cédric aimait trop la vie pour s’investir totalement dans son sport.

Les années suivantes le virent rebondir de team en team. Chez Harry Everts tout d’abord où il fut l’équipier de Steve Ramon et de Sven Breugelmans. Une année difficile faute de budget suffisant, avant de rejoindre le team de Thomas Kneip en Allemagne.

Les derniers mois de 1999 s’égrènent dans la morosité. Moralement atteint par le décès inopiné de son père, Melotte est convaincu qu’il ne peut continuer à végéter en 125, une catégorie qui réclame essentiellement du punch, du physique et un gros coeur. Lui, c’est plutôt un artiste, un accroc du pilotage. Il est approché par une petite usine italienne pour y rejoindre le vétéran néerlandais Gert-Jan Van Doorn. Il hésite, car la transition est importante : il s’agit de 500cc et, qui plus est, de 4T. Double inconnue. Il se décide à tenter l’expérience. Avec raison. Son pilotage fait merveille. Toutefois, après trois mois de GP euphoriques, les ennuis apparaissent, se multiplient et s’accumulent dans le giron de VOR. C’est la rupture.

Deux mille deux démarre sous la bannière de team privé Casola-Kurz. Il pilote, à présent, une Yamaha 4T de série. Excellente école car elle l’incite à améliorer le produit de série pour l’amener à un niveau qui le réclame impérativement. Ses résultats sont encourageants, mais le team, pour des raisons budgétaires, décide de se séparer du Belge.

Cédric, qui appréciait pourtant la proximité du team Casola-Kurz essentiellement basé en Belgique et donc proche de ses racines, se tourne à nouveau vers un team privé italien doté de Honda 485-4T. Une mutation bénéfique ? Auprès de Giovanni Cavatorta, il retrouve, certes, une ambiance familiale qui lui convient, mais il y a surtout le fait que Melotte a beaucoup gagné en maturité. A 24 ans, sous l’influence bénéfique de sa jeune compagne qu’il a rencontrée 3 années plus tôt, il fait face à ses responsabilités, s’impose un rythme de vie compatible avec un sportif de haut niveau et prend, enfin, conscience de son formidable potentiel. Les résultats suivent. Encouragé, Cédric balaye ses derniers complexes. La réussite lui sourit. Il prend pied aux premiers rangs du championnat du monde. C’est Marcel qui eût été fier…

En 2003, par Guy Boonen